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Assureurs et maƮtrise des risques

Sommaire

L’accroissement des cyberattaques augmente les prĆ©occupations liĆ©es au risque informatique au sein du secteur de l’assurance. Les activitĆ©s mĆ©tiers sont aujourd’hui dĆ©pendantes de SystĆØmes d’Information automatisĆ©s et les dommages informatiques ou au patrimoine informationnel de l’entreprise sont devenus des risques majeurs pour les activitĆ©s de ces Ć©tablissements. Les consĆ©quences peuvent ĆŖtre majeures voire systĆ©miques. Il est donc important de vĆ©rifier que votre assurance permet de vous couvrir face Ć  ces risques. Il est important de bien lire les conditions de votre contrat pour connaitre l’étendue des garanties proposĆ©es par votre assurance.

Afin d’adresser cela, l’ACPR (AutoritĆ© de ContrĆ“le Prudentiel et de RĆ©solution, le superviseur franƧais du secteur financier), qui agit dans le cadre du mĆ©canisme europĆ©en de supervision unique bancaire a renforcĆ© son action et ses contrĆ“les dans le secteur de l’assurance.

La mission a Ć©tĆ© rĆ©alisĆ©e auprĆØs d’un client grand compte de l’assurance prĆ©sent Ć  l’international. Le commanditaire Ć©tait le CISO, rattachĆ© Ć  la Direction des risques opĆ©rationnels. La mission a portĆ© sur l’établissement de la cartographie des risques IT et Cyber, l’appropriation et la dĆ©clinaison opĆ©rationnelle des facteurs de risques selon le cadre de rĆ©fĆ©rence de l’ACPR puis leurs dĆ©clinaisons en plan de contrĆ“les de niveau 1 et 2 en vue d’une intĆ©gration in fine dans l’outil Enablon. Chaque contrĆ“le du plan a ensuite fait l’objet d’une dĆ©finition sur des critĆØres prĆ©cis que nous dĆ©velopperons dans la suite du document. Avec un enjeu fort de rendre ces contrĆ“les opĆ©rationnels et bien documentĆ©s afin que les acteurs internationaux en charge de les renseigner ne puissent pas interprĆ©ter ou mal renseigner la preuve attendue, conformĆ©ment aux actions prĆ©vues au contrat.

La suite du document s’attache Ć  dĆ©crire ceci et nous illustrons notre propos pour certains facteurs de dangers, l’objectif n’étant pas d’être exhaustif mais d’apporter un Ć©clairage factuel entre la thĆ©orie du rĆ©fĆ©rentiel (ACPR) et sa traduction opĆ©rationnelle.

La maƮtrise des risques : le cadre de rƩfƩrence

L’ACPR a dĆ©fini le risque informatique de la faƧon suivante : Le Ā« risque informatique Ā» (ou Ā« risque des technologies de l’information et de la communication – TIC Ā», ou Ā« risque du systĆØme d’information Ā») correspond au risque de perte rĆ©sultant d’une organisation inadĆ©quate, d’un dĆ©faut de fonctionnement, ou d’une insuffisante sĆ©curitĆ© du systĆØme d’information, entendu comme l’ensemble des Ć©quipements systĆØmes et rĆ©seaux et des moyens humains destinĆ©s au traitement de donnĆ©es de l’institution. Ā» Cette notion de risque est essentielle pour les compagnies d’assurance.

L’ACPR a Ć©galement catĆ©gorisĆ© le risque informatique en trois processus :

  1. Organiser le SystĆØme d’Information (S.I) ;
  2. Faire fonctionner le S.I ;
  3. SƩcuriser le S.I.

Pour chacun de ces processus, l’ACPR indique une sĆ©rie de facteurs de risque, Ć©laborĆ©e sur deux niveaux, principaux et secondaires. Pour chaque facteur de risque, sont indiquĆ©es les principales mesures de rĆ©duction et de maĆ®trise des risques attendues. Ces mesures sont indicatives et il est bien Ć©videmment nĆ©cessaire de se les approprier. Cette catĆ©gorisation permet aux assureurs d’élaborer ou de renforcer leur cartographie des risques. Elle permet Ć©galement d’assurer une meilleure gestion des sinistres. Il est important de garantir la conformitĆ©. Nous proposons Ć©galement des services d’audit.

Qu’est-ce que la mutualisation des risques ?

La mutualisation des risques reprĆ©sente le principe fondamental sur lequel reposent les contrats d’assurance modernes. Ce mĆ©canisme permet aux compagnies d’assurance de rĆ©partir les risques prĆ©sents entre l’ensemble des assurĆ©s qui partagent des caractĆ©ristiques similaires. ConcrĆØtement, les cotisations versĆ©es par toutes les parties servent Ć  indemniser ceux qui subissent un sinistre couvert par le contrat.

Par exemple, dans une assurance de responsabilitĆ© professionnelle, les risques liĆ©s Ć  l’activitĆ© sont partagĆ©s entre tous les professionnels assurĆ©s. Les garanties prĆ©vues au contrat s’appliquent ainsi de maniĆØre Ć©quitable, crĆ©ant un systĆØme où chaque assurĆ© contribue Ć  la protection collective tout en bĆ©nĆ©ficiant d’une couverture individuelle. Ce terme dĆ©signe donc un systĆØme solidaire permettant aux compagnies d’assurance d’offrir une protection financiĆØre optimale face aux alĆ©as.

Bien que la mutualisation des risques soit une stratĆ©gie efficace, il est important de noter que les SCPI ne sont pas Ć  l’abri des risques liĆ©s Ć  la cybersĆ©curitĆ©. Les donnĆ©es des investisseurs et des locataires peuvent ĆŖtre compromises en cas de cyberattaque, ce qui peut entraĆ®ner des pertes financiĆØres et une atteinte Ć  la rĆ©putation de la SCPI. Il est donc essentiel de choisir une SCPI qui prend au sĆ©rieux la cybersĆ©curitĆ© et qui met en place des mesures de protection adĆ©quates.

La mission

1) Appropriation et dƩclinaison des processus et facteurs de risques

Les facteurs de risques ont fait l’objet d’un mapping avec les rĆØgles internes dĆ©finies par le Groupe Ć  partir du NIST (rĆ©fĆ©rentiel en usage pour notre client). Puis chacun des facteurs a Ć©tĆ© dĆ©clinĆ© en Ā« situation de risques Ā» pour coller au plus prĆØs de la rĆ©alitĆ© de l’entreprise suscitant parfois de long dĆ©bats entre CISO et DSI sur ce qu’il fallait mesurer et comment le mesurer entre points forts ou points faibles de l’entreprise et ce que l’entreprise souhaitait mettre en exergue pour faire Ć©voluer son niveau de maturitĆ© ou pas. Lors de cette occasion, nous avons partagĆ© notre perspective et nos recommandations afin d’optimiser la prĆ©vention et de garantir la protection des informations sensibles de l’entreprise. Il est important de prendre en compte le besoin exprimĆ© par l’entreprise pour atteindre un niveau Ć©levĆ© de sĆ©curitĆ©. Nous avons bien Ć©videmment Ć  cette occasion apportĆ© notre vision et nos conseils.

a)  Le processus Ā« Organiser le SystĆØme d’Information Ā»

Source ACPR

Le processus « Organiser le SI » est découpé en huit facteurs de risques.

Pour bien comprendre le dĆ©coupage en facteurs de risques principaux et secondaires, prenons l’exemple du facteur Ā« DĆ©cisions de la Direction GĆ©nĆ©rale Ā» qui se traduit en facteur de risques principal par Ā« Implication insuffisante des instances dirigeantes Ā» puis en facteurs secondaires suivants :

  • Mauvaise perception des enjeux ;
  • DĆ©cisions inappropriĆ©es ;
  • Pilotage insuffisant.

Pour ce facteur, la perception des enjeux est liĆ©e notamment Ć  l’appĆ©tence aux risques (Risk Appetite) des membres du Comex. Il est donc primordial en dĆ©but de dĆ©marche de les interviewer pour Ć©valuer cela et orienter la suite des travaux. Dans notre cas, nous avons Ć©tĆ© surpris par un trĆØs bon niveau de sensibilisation aux risques d’entreprise des membres du Comex qui connaissent bien leurs enjeux et leurs risques. Il est cependant de notre obligation de choisir les outils et les mĆ©thodes appropriĆ©s pour garantir une analyse complĆØte et approfondie, afin de garantir la sĆ©curitĆ© du systĆØme d’information de l’entreprise. Ce travail doit ĆŖtre menĆ© avec rigueur pour un rĆ©sultat probant. Il est important de noter que l’implication de la direction doit ĆŖtre limitĆ©e dans le temps pour ne pas interfĆ©rer avec le travail des Ć©quipes techniques, mais doit ĆŖtre suffisamment prĆ©sente pour prendre les dĆ©cisions nĆ©cessaires.

Le facteur Ā« StratĆ©gie IT Ā» vise quant Ć  lui Ć  un bon alignement avec la stratĆ©gie MĆ©tier. On peut donc l’illustrer par rapport Ć  l’existence d’une feuille de route ou d’un schĆ©ma Directeur IT et/ou Cyber alignĆ© avec les enjeux mĆ©tiers de l’entreprise. Pour notre mission, un programme majeur de transformation digitale venait Ć©galement percuter l’ensemble. Le responsable du programme a Ć©galement Ć©tĆ© interviewĆ© Ć  cette occasion.

Pour le facteur Ā« DĆ©finir les rĆ“les Ā» le sujet est celui de la Gouvernance. Dans notre cas, notre client Ć©tait organisĆ© en 3 lignes de dĆ©fense. La premiĆØre ligne prise en charge par l’IT, en l’occurrence la DSI, la seconde par la Direction des risques opĆ©rationnels Ć  laquelle notre CISO Ć©tait rattachĆ© et enfin la troisiĆØme prise en charge par la direction de l’audit et du contrĆ“le interne. Le sujet a Ć©galement couvert celui des responsabilitĆ©s distribuĆ©es sur le terrain dans un contexte international avec des directions rĆ©gions et pays. Certaines plaques, pays Ć©tant peu reprĆ©sentĆ©s Ć  certains endroits gĆ©ographiques compte tenu d’une activitĆ© faiblement dĆ©veloppĆ©e, se pose la question de la reprĆ©sentation de la fonction risques et/ou sĆ©curitĆ© et de la part de temps consacrĆ©e Ć  la sĆ©curitĆ©. Certaines activitĆ©s Ć©tant donc attribuĆ©es Ć  hauteur de 40 Ć  60% selon le pays ou la plaque considĆ©rĆ©e. Dans ces conditions et dans un contexte de rationalisation des coĆ»ts et de transformation digitale avec une stratĆ©gie de recentrage des activitĆ©s IT, Ć  partir de quel critĆØre, peut-on considĆ©rer que le temps consacrĆ© Ć  la SSI est suffisant et que l’organisation actuelle ne fait pas courir un risque Ć  l’entreprise ? Question pas facile…

Le facteur de Ā« Maitrise de l’externalisation Ā» est regardĆ©, Ć  juste titre, de prĆØs par le rĆ©gulateur de l’ACPR. Force est de constater que dans ce domaine, des attaques rĆ©centes ont montrĆ© que les attaques dites de type Ā« Supply Chain Ā» se sont multipliĆ©es ces derniers mois. Comme celles menĆ©es sur Airbus via des sous –traitants. Selon le journal Le Monde et l’AFP, pas moins de quatre attaques informatiques majeures ont touchĆ© des sous-traitants d’Airbus au cours des 12 derniers mois, explique l’AFP en citant des Ā« sources sĆ©curitaires Ā». Dans un contexte de recours massif au Cloud, cela prend toute sa dimension. D’ailleurs le rĆØglement EIOPA, adresse ce sujet de la relation et des obligations respectives entre un client et son fournisseur dans un contexte Cloud. Ceci rebondit Ć©videmment sur notre facteur conformitĆ© Ā« Respect des lois et rĆØglements Ā». A ce titre nous avons dĆ» largement lors de la mission complĆ©ter le cadre d’exigences contractuelles et rĆØglementaires en dĆ©finissant :

  • Un plan d’Assurance sĆ©curitĆ© fournisseurs par cas d’usagesĀ associĆ© Ć  une grille d’analyse des rĆ©ponses fournisseurs incluant les exigences et les preuves requises ainsi que les exigences et preuves relatives aux donnĆ©es Ć  caractĆØre personnelĀ ;
  • En dĆ©finissant un guide des clauses CybersĆ©curitĆ© pour la contractualisation intĆ©grant les exigences EIOPA (Cloud)Ā ;
  • En dĆ©finissant une politique de sĆ©curitĆ© achats intĆ©grant un mapping des rĆØgles Groupe au regard du NIST et en les complĆ©tant/ prĆ©cisant pour les spĆ©cificitĆ©s du procurement.

b)  Le processus Ā« Faire fonctionner le SI Ā»

Source ACPR

Le processus Ā« Faire fonctionner le SI Ā» est au cœur des activitĆ©s de la DSI.

Pour le facteur Ā« Gestion de la continuitĆ© d’exploitation Ā», nous avons Ć©tĆ© confrontĆ©s Ć  une diffĆ©rence d’apprĆ©ciation entre le DSI et le CISO. Pour le DSI, la gestion de la continuitĆ© d’exploitation Ć©tait satisfaisante et ne prĆ©sentait pas de danger puisque les rĆ©sultats des tests de bascule et de reprise biannuels Ć©taient systĆ©matiquement bons et rĆ©pondaient Ć  la demande (actuelle) de la Direction GĆ©nĆ©rale. De son cĆ“tĆ©, le CISO argumentait que ces tests Ć©taient rĆ©alisĆ©s sur un scĆ©nario non cyber et qu’ils devraient l’être. Et lĆ , on reboucle avec la notion de Risk Appetite et de vision de la Direction GĆ©nĆ©rale qui doit dĆ©cider si la continuitĆ© d’exploitation doit ĆŖtre dĆ©veloppĆ©e/mise Ć  jour pour ĆŖtre en capacitĆ© de se prĆ©parer et de rĆ©pondre Ć  un incident de type Cyber tel qu’un ransomware par exemple. De mon point de vue, la rĆ©ponse est bien Ć©videmment oui. Il est important de bien comprendre que la loi impose certaines obligations en matiĆØre de continuitĆ© d’activitĆ©. Il faut donc garantir que les mesures mises en place sont suffisantes pour couvrir ce type d’incident et pour garantir la reprise de l’activitĆ© dans les meilleurs dĆ©lais. Il est donc essentiel de ne pas se limiter Ć  des tests classiques et d’intĆ©grer des scĆ©narios de crise cyber dans les plans de continuitĆ©. La direction doit prendre ses responsabilitĆ©s et dĆ©finir clairement les limites de son acceptation du danger.

Pour le facteur Ā« Gestion des changements Ā» et pour ceux ayant pratiquĆ© ITIL, on voit directement ici le parallĆØle entre les deux puisque ce facteur adresse la gestion des changements, la gestion des problĆØmes et les niveaux de services. CĆ“tĆ© client, la DSI avait retenu ce rĆ©fĆ©rentiel ITIL pour organiser ses activitĆ©s ce qui a simplifiĆ© le rapprochement des facteurs de risques secondaires avec la rĆ©alitĆ© du terrain.

Le facteur QualitĆ© des Ć©lĆ©ments aurait pu ĆŖtre intĆ©grĆ© au processus prĆ©cĆ©dent Ā« Organiser le SystĆØme d’Information Ā» tant il revĆŖt aujourd’hui une importance grandissante pour les entreprises s’orientant vers une stratĆ©gie Data Centric dont l’origine est forcĆ©ment un besoin mĆ©tiers. Dans notre cas, ce sujet Ć©tait pris en charge par le CDO, l’organisation Ć©tant dotĆ© d’un Chief Data Officer. Par ailleurs, la qualitĆ© des Ć©lĆ©ments est un sujet Ć  part entiĆØre pour laquelle les critĆØres sont un peu diffĆ©rents de la sĆ©curitĆ© des donnĆ©es mĆŖme s’il peut y avoir des recoupements avec des sujets comme l’inventaire et la classification des donnĆ©es/ des actifs. A noter que de plus en plus d’entreprises se dotent d’un CDO et s’orientent sur une stratĆ©gie Data Centric.

c)  Le processus Ā« sĆ©curiser le SI Ā»

Source ACPR

On peut remarquer que le processus Ā« SĆ©curiser le SI Ā» est plutĆ“t organisĆ© selon la logique des 5 piliers du NIST Framework (Identify, Protect, Detect, Respond, Recover).

La « Protection logique des actifs » est un facteur large qui englobe notamment la gestion des identités et des accès, la protection des systèmes et des données, ainsi que les activités opérationnelles de sécurité, telles que la gestion des correctifs de sécurité. Cette dernière, on aurait pu aussi la voir figurer dans le processus précédent « Faire fonctionner le SI », car cette activité doit être adressée par les professionnels de la DSI. La revue de sécurité au sens des audits techniques figure également dans ce facteur.

Plus largement, l’intĆ©gration de la sĆ©curitĆ© dans les projets, au sens ISP (IntĆ©gration de la SĆ©curitĆ© dĆØs la conception) et analyse de risques, ne figure pas dans ce facteur et n’est pas clairement mise en exergue dans un autre processus, ce qui, de mon point de vue, est un manque. Il est essentiel d’assurer que la sĆ©curitĆ© soit prise en compte dĆØs la conception de tout nouveau projet.

De plus, une protection efficace doit ĆŖtre assurĆ©e contre tout type de sinistre, qu’il s’agisse de pertes de renseignements, d’interruptions de service ou d’attaques cybernĆ©tiques.

Pour le facteur Ā« DĆ©tection des attaques Ā», nous avons investiguĆ© sur la capacitĆ© actuelle du SOC externalisĆ© Ć  faire face Ć  une attaque cyber pour lequel le CISO souhaitait une mesure. Sur le Ā« papier Ā», les tableaux de bord et niveaux de services semblaient satisfaisants et respectĆ©s. Lorsque nous avons demandĆ© au fournisseur de fournir ses Ā« use cases Ā» et que nous les avons comparĆ©s au rĆ©fĆ©rentiel du Mitr@ttack le constat a Ć©tĆ© beaucoup plus mitigĆ©, le degrĆ© de couverture Ć©tant plutĆ“t assez faible au regard des 12 Ā« Enterprise tactics Ā» du Mitre. PlutĆ“t que de remettre en cause le fournisseur, il s’agit lĆ  encore d’une dĆ©cision d’entreprise de statuer sur un budget versus des risques et dans ce cas prĆ©cis des menaces Cyber Ć  dĆ©tecter. Ces constats ont-ils menĆ©s Ć  une rĆ©vision du pĆ©rimĆØtre de couverture des systĆØmes et applications monitorĆ©es et contrĆ“lĆ©es je ne le sais pas mais je l’espĆØre.

2) Etablissement de la cartographie des risques

ConformĆ©ment Ć  la rĆ©glementation, vous devez dĆ©finir une cartographie des risques inhĆ©rents et rĆ©siduels mĆ©tiers, IT et Cyber, et procĆ©der Ć  une Ć©valuation rĆ©guliĆØre des risques, mais aussi Ć  des mesures de maĆ®trise et de suivi des risques. L’ACPR demande Ć©galement Ć  ce que Ā« la cartographie des processus et des risques, idĆ©alement informatisĆ©e pour en faciliter la mise Ć  jour, la consolidation et l’exploitation, s’accompagne de la dĆ©finition de mesures de rĆ©duction des risques, qu’elles soient organisationnelles, techniques ou reposent sur des contrĆ“les. Un dispositif de contrĆ“le permanent comportant deux niveaux indĆ©pendants de contrĆ“les est destinĆ© Ć  Ć©viter des situations de risque Ā».

La cartographie des risques a Ć©tĆ© menĆ©e en mode Ā« quick wins Ā», en rĆ©unissant les acteurs de l’entreprise au sein d’ateliers afin de se prononcer sur la catĆ©gorisation des risques inhĆ©rents et rĆ©siduels. Celle-ci a fait l’objet de pas mal de dĆ©bats entre les acteurs de l’entreprise pour savoir si ceux-ci devaient ĆŖtre basĆ©s sur la rĆ©alitĆ© actuelle ou sur la cible aprĆØs la mise en œuvre des nouveaux contrĆ“les. Il est important d’évaluer les risques de maniĆØre professionnelle pour s’assurer qu’ils sont bien identifiĆ©s et pris en compte.

Il est crucial de mettre en place les mesures nĆ©cessaires pour couvrir ces risques, qu’il s’agisse de mesures techniques, organisationnelles ou de contrĆ“le. L’objectif principal est de couvrir l’ensemble des risques identifiĆ©s et d’assurer la sĆ©curitĆ© du systĆØme d’information de l’entreprise.

3) ContrƓles et plan de contrƓles

La maĆ®trise du problĆØme informatique est aujourd’hui interdĆ©pendante et intĆ©grĆ©e avec la dĆ©marche de contrĆ“le et de maĆ®trise des risques opĆ©rationnels pilotĆ©e par la fonction de gestion des risques opĆ©rationnels. Il est important de bien comprendre ce terme.

L’ACPR apporte Ć©galement une dĆ©finition de la CybersĆ©curitĆ© comme Ć©tant Ā« l’ensemble des contrĆ“les et des mesures d’organisation ainsi que des moyens (humains, techniques, etc.) utilisĆ©s pour protĆ©ger les Ć©lĆ©ments du systĆØme d’information et des rĆ©seaux de communication contre toutes attaques logiques, que celles-ci soient conduites par le biais de brĆØches de sĆ©curitĆ© physiques ou logiques. Ces contrĆ“les et mesures incluent la prĆ©vention, la dĆ©tection et la rĆ©ponse Ć  toute activitĆ© informatique malicieuse visant des Ć©lĆ©ments du systĆØme d’information, et affectant potentiellement la confidentialitĆ©, l’intĆ©gritĆ© ou la disponibilitĆ© des systĆØmes et des donnĆ©es, de mĆŖme que la traƧabilitĆ© des opĆ©rations effectuĆ©es sur ces systĆØmes et rĆ©seaux Ā». Il est crucial d’évaluer et de proposer des solutions pour couvrir ces risques.

L’un des principes que nous avons retenu pour la mission, pour plus de pragmatisme, et compte tenu de la capacitĆ© faible de l’entreprise a supportĆ© et maintenir un plan de contrĆ“les trop large, faute de ressources suffisante, a Ć©tĆ© de partir du postulat suivant : un KPI pouvait remplacer un contrĆ“le ou un contrĆ“le un KPI. En effet, nous avons travaillĆ© en parallĆØle sur la dĆ©finition d’un tableau de bord Comex donc orientĆ© par les risques et l’entreprise ne pouvait maintenir un double rĆ©fĆ©rentiel indicateur de performances (Ā« KPI/KRI Ā» au titre du tableau de bord) d’une part et contrĆ“le (assimilable Ć  un Key Risk Indicator (KRI)) d’autre part. Au global, 25 contrĆ“les ou indicateurs ont Ć©tĆ© dĆ©finis. Dans certains cas, la dĆ©finition d’un indicateur Ć©tait plus appropriĆ©e pour permettre une mesure pluri annuelle alors que les contrĆ“les ont Ć©tĆ© systĆ©matiquement dĆ©finis comme annuels. Dans d’autres, et compte tenu de l’importance du sujet, nous avons dĆ©fini pour une mĆŖme situation de risques Ć  la fois un indicateur et un contrĆ“le.

Pour le plan de contrĆ“les, il a fallu, d’une part se conformer aux exigences principal de l’ACPR et d’autre part anticiper une intĆ©gration dans l’outil Enablon qui comportait Ć©galement quelques contraintes.

Chaque fiche a dĆ©fini :

  • Le risqueĀ ;
  • La situation de risqueĀ ;
  • Le contrĆ“le niveau 1 et 2 selon le principe L2 over L1 (ce qui signifie que le contrĆ“le de niveau 2 consistait Ć  contrĆ“ler les rĆ©sultats et preuves du niveau 1)Ā ;
  • Son degrĆ© de couverture (SiĆØge, RĆ©gions, Pays)Ā ;
  • La preuve prĆ©cise attendueĀ ;
  • Avec ou sans Ć©chantillonĀ ;
  • Qualitative ou quantitativeĀ ;
  • Les responsabilitĆ©s de niveau 1Ā ;
  • Les responsabilitĆ©s de niveau 2.

Le contrĆ“le de premier niveau est assurĆ© par les opĆ©rationnels de la 1ĆØre ligne de dĆ©fense et le contrĆ“le de deuxiĆØme niveau est rĆ©alisĆ© par des Ć©quipes indĆ©pendantes de la fonction informatique. La pĆ©riodicitĆ© des contrĆ“les est annuelle.

L’un des dĆ©fis majeurs a rĆ©sidĆ© dans la dĆ©finition des Ć©lĆ©ments de preuve requis, compte tenu de l’étendue internationale de l’organisation et de la rĆ©partition des responsabilitĆ©s entre le siĆØge, les rĆ©gions et les pays. En effet, certaines activitĆ©s, telles que la gestion et l’exploitation des centres de d’informations, sont centralisĆ©es au siĆØge, tandis que d’autres sont gĆ©rĆ©es Ć  l’échelle rĆ©gionale ou locale. Il a donc fallu dĆ©terminer avec prĆ©cision le pĆ©rimĆØtre du contrĆ“le, en choisissant le niveau d’intervention le plus pertinent : siĆØge, rĆ©gion ou pays.

Face Ć  cette complexitĆ©, nous avons apportĆ© notre expertise en formulant des recommandations visant Ć  optimiser la prĆ©vention et Ć  garantir la sĆ©curitĆ© des informations sensibles de l’entreprise.

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