Lāaccroissement des cyberattaques augmente les prĆ©occupations liĆ©es au risque informatique au sein du secteur de lāassurance. Les activitĆ©s mĆ©tiers sont aujourdāhui dĆ©pendantes de SystĆØmes dāInformation automatisĆ©s et les dommages informatiques ou au patrimoine informationnel de lāentreprise sont devenus des risques majeurs pour les activitĆ©s de ces Ć©tablissements. Les consĆ©quences peuvent ĆŖtre majeures voire systĆ©miques. Il est donc important de vĆ©rifier que votre assurance permet de vous couvrir face Ć ces risques. Il est important de bien lire les conditions de votre contrat pour connaitre lāĆ©tendue des garanties proposĆ©es par votre assurance.
Afin dāadresser cela, lāACPR (AutoritĆ© de ContrĆ“le Prudentiel et de RĆ©solution, le superviseur franƧais du secteur financier), qui agit dans le cadre du mĆ©canisme europĆ©en de supervision unique bancaire a renforcĆ© son action et ses contrĆ“les dans le secteur de lāassurance.
La mission a Ć©tĆ© rĆ©alisĆ©e auprĆØs dāun client grand compte de lāassurance prĆ©sent Ć lāinternational. Le commanditaire Ć©tait le CISO, rattachĆ© Ć la Direction des risques opĆ©rationnels. La mission a portĆ© sur lāĆ©tablissement de la cartographie des risques IT et Cyber, lāappropriation et la dĆ©clinaison opĆ©rationnelle des facteurs de risques selon le cadre de rĆ©fĆ©rence de lāACPR puis leurs dĆ©clinaisons en plan de contrĆ“les de niveau 1 et 2 en vue dāune intĆ©gration in fine dans lāoutil Enablon. Chaque contrĆ“le du plan a ensuite fait lāobjet dāune dĆ©finition sur des critĆØres prĆ©cis que nous dĆ©velopperons dans la suite du document. Avec un enjeu fort de rendre ces contrĆ“les opĆ©rationnels et bien documentĆ©s afin que les acteurs internationaux en charge de les renseigner ne puissent pas interprĆ©ter ou mal renseigner la preuve attendue, conformĆ©ment aux actions prĆ©vues au contrat.
La suite du document sāattache Ć dĆ©crire ceci et nous illustrons notre propos pour certains facteurs de dangers, lāobjectif nāĆ©tant pas dāĆŖtre exhaustif mais dāapporter un Ć©clairage factuel entre la thĆ©orie du rĆ©fĆ©rentiel (ACPR) et sa traduction opĆ©rationnelle.
La maƮtrise des risques : le cadre de rƩfƩrence
LāACPR a dĆ©fini le risque informatique de la faƧon suivante : Le Ā« risque informatique Ā» (ou Ā« risque des technologies de lāinformation et de la communication ā TIC Ā», ou Ā« risque du systĆØme dāinformation Ā») correspond au risque de perte rĆ©sultant dāune organisation inadĆ©quate, dāun dĆ©faut de fonctionnement, ou dāune insuffisante sĆ©curitĆ© du systĆØme dāinformation, entendu comme lāensemble des Ć©quipements systĆØmes et rĆ©seaux et des moyens humains destinĆ©s au traitement de donnĆ©es de lāinstitution. Ā» Cette notion de risque est essentielle pour les compagnies dāassurance.
LāACPR a Ć©galement catĆ©gorisĆ© le risque informatique en trois processus :
- Organiser le SystĆØme dāInformation (S.I) ;
- Faire fonctionner le S.I ;
- SƩcuriser le S.I.
Pour chacun de ces processus, lāACPR indique une sĆ©rie de facteurs de risque, Ć©laborĆ©e sur deux niveaux, principaux et secondaires. Pour chaque facteur de risque, sont indiquĆ©es les principales mesures de rĆ©duction et de maĆ®trise des risques attendues. Ces mesures sont indicatives et il est bien Ć©videmment nĆ©cessaire de se les approprier. Cette catĆ©gorisation permet aux assureurs dāĆ©laborer ou de renforcer leur cartographie des risques. Elle permet Ć©galement dāassurer une meilleure gestion des sinistres. Il est important de garantir la conformitĆ©. Nous proposons Ć©galement des services dāaudit.
Qu’est-ce que la mutualisation des risques ?
La mutualisation des risques reprĆ©sente le principe fondamental sur lequel reposent les contrats dāassurance modernes. Ce mĆ©canisme permet aux compagnies dāassurance de rĆ©partir les risques prĆ©sents entre lāensemble des assurĆ©s qui partagent des caractĆ©ristiques similaires. ConcrĆØtement, les cotisations versĆ©es par toutes les parties servent Ć indemniser ceux qui subissent un sinistre couvert par le contrat.
Par exemple, dans une assurance de responsabilitĆ© professionnelle, les risques liĆ©s Ć lāactivitĆ© sont partagĆ©s entre tous les professionnels assurĆ©s. Les garanties prĆ©vues au contrat sāappliquent ainsi de maniĆØre Ć©quitable, crĆ©ant un systĆØme où chaque assurĆ© contribue Ć la protection collective tout en bĆ©nĆ©ficiant dāune couverture individuelle. Ce terme dĆ©signe donc un systĆØme solidaire permettant aux compagnies dāassurance dāoffrir une protection financiĆØre optimale face aux alĆ©as.
Bien que la mutualisation des risques soit une stratĆ©gie efficace, il est important de noter que les SCPI ne sont pas Ć lāabri des risques liĆ©s Ć la cybersĆ©curitĆ©. Les donnĆ©es des investisseurs et des locataires peuvent ĆŖtre compromises en cas de cyberattaque, ce qui peut entraĆ®ner des pertes financiĆØres et une atteinte Ć la rĆ©putation de la SCPI. Il est donc essentiel de choisir une SCPI qui prend au sĆ©rieux la cybersĆ©curitĆ© et qui met en place des mesures de protection adĆ©quates.
La mission
1) Appropriation et dƩclinaison des processus et facteurs de risques
Les facteurs de risques ont fait lāobjet dāun mapping avec les rĆØgles internes dĆ©finies par le Groupe Ć partir du NIST (rĆ©fĆ©rentiel en usage pour notre client). Puis chacun des facteurs a Ć©tĆ© dĆ©clinĆ© en Ā« situation de risques Ā» pour coller au plus prĆØs de la rĆ©alitĆ© de lāentreprise suscitant parfois de long dĆ©bats entre CISO et DSI sur ce quāil fallait mesurer et comment le mesurer entre points forts ou points faibles de lāentreprise et ce que lāentreprise souhaitait mettre en exergue pour faire Ć©voluer son niveau de maturitĆ© ou pas. Lors de cette occasion, nous avons partagĆ© notre perspective et nos recommandations afin dāoptimiser la prĆ©vention et de garantir la protection des informations sensibles de lāentreprise. Il est important de prendre en compte le besoin exprimĆ© par lāentreprise pour atteindre un niveau Ć©levĆ© de sĆ©curitĆ©. Nous avons bien Ć©videmment Ć cette occasion apportĆ© notre vision et nos conseils.
a) Le processus Ā« Organiser le SystĆØme dāInformation Ā»

Source ACPR
Le processus « Organiser le SI » est découpé en huit facteurs de risques.
Pour bien comprendre le dĆ©coupage en facteurs de risques principaux et secondaires, prenons lāexemple du facteur Ā« DĆ©cisions de la Direction GĆ©nĆ©rale Ā» qui se traduit en facteur de risques principal par Ā« Implication insuffisante des instances dirigeantes Ā» puis en facteurs secondaires suivants :
- Mauvaise perception des enjeux ;
- DƩcisions inappropriƩes ;
- Pilotage insuffisant.
Pour ce facteur, la perception des enjeux est liĆ©e notamment Ć lāappĆ©tence aux risques (Risk Appetite) des membres du Comex. Il est donc primordial en dĆ©but de dĆ©marche de les interviewer pour Ć©valuer cela et orienter la suite des travaux. Dans notre cas, nous avons Ć©tĆ© surpris par un trĆØs bon niveau de sensibilisation aux risques dāentreprise des membres du Comex qui connaissent bien leurs enjeux et leurs risques. Il est cependant de notre obligation de choisir les outils et les mĆ©thodes appropriĆ©s pour garantir une analyse complĆØte et approfondie, afin de garantir la sĆ©curitĆ© du systĆØme dāinformation de lāentreprise. Ce travail doit ĆŖtre menĆ© avec rigueur pour un rĆ©sultat probant. Il est important de noter que lāimplication de la direction doit ĆŖtre limitĆ©e dans le temps pour ne pas interfĆ©rer avec le travail des Ć©quipes techniques, mais doit ĆŖtre suffisamment prĆ©sente pour prendre les dĆ©cisions nĆ©cessaires.
Le facteur Ā« StratĆ©gie IT Ā» vise quant Ć lui Ć un bon alignement avec la stratĆ©gie MĆ©tier. On peut donc lāillustrer par rapport Ć lāexistence dāune feuille de route ou dāun schĆ©ma Directeur IT et/ou Cyber alignĆ© avec les enjeux mĆ©tiers de lāentreprise. Pour notre mission, un programme majeur de transformation digitale venait Ć©galement percuter lāensemble. Le responsable du programme a Ć©galement Ć©tĆ© interviewĆ© Ć cette occasion.
Pour le facteur Ā« DĆ©finir les rĆ“les Ā» le sujet est celui de la Gouvernance. Dans notre cas, notre client Ć©tait organisĆ© en 3 lignes de dĆ©fense. La premiĆØre ligne prise en charge par lāIT, en lāoccurrence la DSI, la seconde par la Direction des risques opĆ©rationnels Ć laquelle notre CISO Ć©tait rattachĆ© et enfin la troisiĆØme prise en charge par la direction de lāaudit et du contrĆ“le interne. Le sujet a Ć©galement couvert celui des responsabilitĆ©s distribuĆ©es sur le terrain dans un contexte international avec des directions rĆ©gions et pays. Certaines plaques, pays Ć©tant peu reprĆ©sentĆ©s Ć certains endroits gĆ©ographiques compte tenu dāune activitĆ© faiblement dĆ©veloppĆ©e, se pose la question de la reprĆ©sentation de la fonction risques et/ou sĆ©curitĆ© et de la part de temps consacrĆ©e Ć la sĆ©curitĆ©. Certaines activitĆ©s Ć©tant donc attribuĆ©es Ć hauteur de 40 Ć 60% selon le pays ou la plaque considĆ©rĆ©e. Dans ces conditions et dans un contexte de rationalisation des coĆ»ts et de transformation digitale avec une stratĆ©gie de recentrage des activitĆ©s IT, Ć partir de quel critĆØre, peut-on considĆ©rer que le temps consacrĆ© Ć la SSI est suffisant et que lāorganisation actuelle ne fait pas courir un risque Ć lāentreprise ? Question pas facileā¦
Le facteur de Ā« Maitrise de lāexternalisation Ā» est regardĆ©, Ć juste titre, de prĆØs par le rĆ©gulateur de lāACPR. Force est de constater que dans ce domaine, des attaques rĆ©centes ont montrĆ© que les attaques dites de type Ā« Supply Chain Ā» se sont multipliĆ©es ces derniers mois. Comme celles menĆ©es sur Airbus via des sous ātraitants. Selon le journal Le Monde et lāAFP, pas moins de quatre attaques informatiques majeures ont touchĆ© des sous-traitants dāAirbus au cours des 12 derniers mois, explique lāAFP en citant des Ā« sources sĆ©curitaires Ā». Dans un contexte de recours massif au Cloud, cela prend toute sa dimension. Dāailleurs le rĆØglement EIOPA, adresse ce sujet de la relation et des obligations respectives entre un client et son fournisseur dans un contexte Cloud. Ceci rebondit Ć©videmment sur notre facteur conformitĆ© Ā« Respect des lois et rĆØglements Ā». A ce titre nous avons dĆ» largement lors de la mission complĆ©ter le cadre dāexigences contractuelles et rĆØglementaires en dĆ©finissant :
- Un plan dāAssurance sĆ©curitĆ© fournisseurs par cas dāusagesĀ associĆ© Ć une grille dāanalyse des rĆ©ponses fournisseurs incluant les exigences et les preuves requises ainsi que les exigences et preuves relatives aux donnĆ©es Ć caractĆØre personnelĀ ;
- En définissant un guide des clauses Cybersécurité pour la contractualisation intégrant les exigences EIOPA (Cloud) ;
- En définissant une politique de sécurité achats intégrant un mapping des règles Groupe au regard du NIST et en les complétant/ précisant pour les spécificités du procurement.
b) Le processus Ā« Faire fonctionner le SI Ā»

Source ACPR
Le processus Ā« Faire fonctionner le SI Ā» est au cÅur des activitĆ©s de la DSI.
Pour le facteur Ā« Gestion de la continuitĆ© dāexploitation Ā», nous avons Ć©tĆ© confrontĆ©s Ć une diffĆ©rence dāapprĆ©ciation entre le DSI et le CISO. Pour le DSI, la gestion de la continuitĆ© dāexploitation Ć©tait satisfaisante et ne prĆ©sentait pas de danger puisque les rĆ©sultats des tests de bascule et de reprise biannuels Ć©taient systĆ©matiquement bons et rĆ©pondaient Ć la demande (actuelle) de la Direction GĆ©nĆ©rale. De son cĆ“tĆ©, le CISO argumentait que ces tests Ć©taient rĆ©alisĆ©s sur un scĆ©nario non cyber et quāils devraient lāĆŖtre. Et lĆ , on reboucle avec la notion de Risk Appetite et de vision de la Direction GĆ©nĆ©rale qui doit dĆ©cider si la continuitĆ© dāexploitation doit ĆŖtre dĆ©veloppĆ©e/mise Ć jour pour ĆŖtre en capacitĆ© de se prĆ©parer et de rĆ©pondre Ć un incident de type Cyber tel quāun ransomware par exemple. De mon point de vue, la rĆ©ponse est bien Ć©videmment oui. Il est important de bien comprendre que la loi impose certaines obligations en matiĆØre de continuitĆ© dāactivitĆ©. Il faut donc garantir que les mesures mises en place sont suffisantes pour couvrir ce type dāincident et pour garantir la reprise de lāactivitĆ© dans les meilleurs dĆ©lais. Il est donc essentiel de ne pas se limiter Ć des tests classiques et dāintĆ©grer des scĆ©narios de crise cyber dans les plans de continuitĆ©. La direction doit prendre ses responsabilitĆ©s et dĆ©finir clairement les limites de son acceptation du danger.
Pour le facteur « Gestion des changements » et pour ceux ayant pratiqué ITIL, on voit directement ici le parallèle entre les deux puisque ce facteur adresse la gestion des changements, la gestion des problèmes et les niveaux de services. CÓté client, la DSI avait retenu ce référentiel ITIL pour organiser ses activités ce qui a simplifié le rapprochement des facteurs de risques secondaires avec la réalité du terrain.
Le facteur QualitĆ© des Ć©lĆ©ments aurait pu ĆŖtre intĆ©grĆ© au processus prĆ©cĆ©dent Ā« Organiser le SystĆØme dāInformation Ā» tant il revĆŖt aujourdāhui une importance grandissante pour les entreprises sāorientant vers une stratĆ©gie Data Centric dont lāorigine est forcĆ©ment un besoin mĆ©tiers. Dans notre cas, ce sujet Ć©tait pris en charge par le CDO, lāorganisation Ć©tant dotĆ© dāun Chief Data Officer. Par ailleurs, la qualitĆ© des Ć©lĆ©ments est un sujet Ć part entiĆØre pour laquelle les critĆØres sont un peu diffĆ©rents de la sĆ©curitĆ© des donnĆ©es mĆŖme sāil peut y avoir des recoupements avec des sujets comme lāinventaire et la classification des donnĆ©es/ des actifs. A noter que de plus en plus dāentreprises se dotent dāun CDO et sāorientent sur une stratĆ©gie Data Centric.
c) Le processus « sécuriser le SI »

Source ACPR
On peut remarquer que le processus « Sécuriser le SI » est plutÓt organisé selon la logique des 5 piliers du NIST Framework (Identify, Protect, Detect, Respond, Recover).
La « Protection logique des actifs » est un facteur large qui englobe notamment la gestion des identités et des accès, la protection des systèmes et des données, ainsi que les activités opérationnelles de sécurité, telles que la gestion des correctifs de sécurité. Cette dernière, on aurait pu aussi la voir figurer dans le processus précédent « Faire fonctionner le SI », car cette activité doit être adressée par les professionnels de la DSI. La revue de sécurité au sens des audits techniques figure également dans ce facteur.
Plus largement, lāintĆ©gration de la sĆ©curitĆ© dans les projets, au sens ISP (IntĆ©gration de la SĆ©curitĆ© dĆØs la conception) et analyse de risques, ne figure pas dans ce facteur et nāest pas clairement mise en exergue dans un autre processus, ce qui, de mon point de vue, est un manque. Il est essentiel dāassurer que la sĆ©curitĆ© soit prise en compte dĆØs la conception de tout nouveau projet.
De plus, une protection efficace doit ĆŖtre assurĆ©e contre tout type de sinistre, quāil sāagisse de pertes de renseignements, dāinterruptions de service ou dāattaques cybernĆ©tiques.
Pour le facteur Ā« DĆ©tection des attaques Ā», nous avons investiguĆ© sur la capacitĆ© actuelle du SOC externalisĆ© Ć faire face Ć une attaque cyber pour lequel le CISO souhaitait une mesure. Sur le Ā« papier Ā», les tableaux de bord et niveaux de services semblaient satisfaisants et respectĆ©s. Lorsque nous avons demandĆ© au fournisseur de fournir ses Ā« use cases Ā» et que nous les avons comparĆ©s au rĆ©fĆ©rentiel du Mitr@ttack le constat a Ć©tĆ© beaucoup plus mitigĆ©, le degrĆ© de couverture Ć©tant plutĆ“t assez faible au regard des 12 Ā« Enterprise tactics Ā» du Mitre. PlutĆ“t que de remettre en cause le fournisseur, il sāagit lĆ encore dāune dĆ©cision dāentreprise de statuer sur un budget versus des risques et dans ce cas prĆ©cis des menaces Cyber Ć dĆ©tecter. Ces constats ont-ils menĆ©s Ć une rĆ©vision du pĆ©rimĆØtre de couverture des systĆØmes et applications monitorĆ©es et contrĆ“lĆ©es je ne le sais pas mais je lāespĆØre.
2) Etablissement de la cartographie des risques
ConformĆ©ment Ć la rĆ©glementation, vous devez dĆ©finir une cartographie des risques inhĆ©rents et rĆ©siduels mĆ©tiers, IT et Cyber, et procĆ©der Ć une Ć©valuation rĆ©guliĆØre des risques, mais aussi Ć des mesures de maĆ®trise et de suivi des risques. LāACPR demande Ć©galement Ć ce que Ā« la cartographie des processus et des risques, idĆ©alement informatisĆ©e pour en faciliter la mise Ć jour, la consolidation et lāexploitation, sāaccompagne de la dĆ©finition de mesures de rĆ©duction des risques, quāelles soient organisationnelles, techniques ou reposent sur des contrĆ“les. Un dispositif de contrĆ“le permanent comportant deux niveaux indĆ©pendants de contrĆ“les est destinĆ© Ć Ć©viter des situations de risque Ā».
La cartographie des risques a Ć©tĆ© menĆ©e en mode Ā« quick wins Ā», en rĆ©unissant les acteurs de lāentreprise au sein dāateliers afin de se prononcer sur la catĆ©gorisation des risques inhĆ©rents et rĆ©siduels. Celle-ci a fait lāobjet de pas mal de dĆ©bats entre les acteurs de lāentreprise pour savoir si ceux-ci devaient ĆŖtre basĆ©s sur la rĆ©alitĆ© actuelle ou sur la cible aprĆØs la mise en Åuvre des nouveaux contrĆ“les. Il est important dāĆ©valuer les risques de maniĆØre professionnelle pour sāassurer quāils sont bien identifiĆ©s et pris en compte.
Il est crucial de mettre en place les mesures nĆ©cessaires pour couvrir ces risques, quāil sāagisse de mesures techniques, organisationnelles ou de contrĆ“le. Lāobjectif principal est de couvrir lāensemble des risques identifiĆ©s et dāassurer la sĆ©curitĆ© du systĆØme dāinformation de lāentreprise.
3) ContrƓles et plan de contrƓles
La maĆ®trise du problĆØme informatique est aujourdāhui interdĆ©pendante et intĆ©grĆ©e avec la dĆ©marche de contrĆ“le et de maĆ®trise des risques opĆ©rationnels pilotĆ©e par la fonction de gestion des risques opĆ©rationnels. Il est important de bien comprendre ce terme.
LāACPR apporte Ć©galement une dĆ©finition de la CybersĆ©curitĆ© comme Ć©tant Ā« lāensemble des contrĆ“les et des mesures dāorganisation ainsi que des moyens (humains, techniques, etc.) utilisĆ©s pour protĆ©ger les Ć©lĆ©ments du systĆØme dāinformation et des rĆ©seaux de communication contre toutes attaques logiques, que celles-ci soient conduites par le biais de brĆØches de sĆ©curitĆ© physiques ou logiques. Ces contrĆ“les et mesures incluent la prĆ©vention, la dĆ©tection et la rĆ©ponse Ć toute activitĆ© informatique malicieuse visant des Ć©lĆ©ments du systĆØme dāinformation, et affectant potentiellement la conļ¬dentialitĆ©, lāintĆ©gritĆ© ou la disponibilitĆ© des systĆØmes et des donnĆ©es, de mĆŖme que la traƧabilitĆ© des opĆ©rations effectuĆ©es sur ces systĆØmes et rĆ©seaux Ā». Il est crucial dāĆ©valuer et de proposer des solutions pour couvrir ces risques.
Lāun des principes que nous avons retenu pour la mission, pour plus de pragmatisme, et compte tenu de la capacitĆ© faible de lāentreprise a supportĆ© et maintenir un plan de contrĆ“les trop large, faute de ressources suffisante, a Ć©tĆ© de partir du postulat suivant : un KPI pouvait remplacer un contrĆ“le ou un contrĆ“le un KPI. En effet, nous avons travaillĆ© en parallĆØle sur la dĆ©finition dāun tableau de bord Comex donc orientĆ© par les risques et lāentreprise ne pouvait maintenir un double rĆ©fĆ©rentiel indicateur de performances (Ā« KPI/KRI Ā» au titre du tableau de bord) dāune part et contrĆ“le (assimilable Ć un Key Risk Indicator (KRI)) dāautre part. Au global, 25 contrĆ“les ou indicateurs ont Ć©tĆ© dĆ©finis. Dans certains cas, la dĆ©finition dāun indicateur Ć©tait plus appropriĆ©e pour permettre une mesure pluri annuelle alors que les contrĆ“les ont Ć©tĆ© systĆ©matiquement dĆ©finis comme annuels. Dans dāautres, et compte tenu de lāimportance du sujet, nous avons dĆ©fini pour une mĆŖme situation de risques Ć la fois un indicateur et un contrĆ“le.
Pour le plan de contrĆ“les, il a fallu, dāune part se conformer aux exigences principal de lāACPR et dāautre part anticiper une intĆ©gration dans lāoutil Enablon qui comportait Ć©galement quelques contraintes.
Chaque fiche a dƩfini :
- Le risqueĀ ;
- La situation de risqueĀ ;
- Le contrÓle niveau 1 et 2 selon le principe L2 over L1 (ce qui signifie que le contrÓle de niveau 2 consistait à contrÓler les résultats et preuves du niveau 1) ;
- Son degré de couverture (Siège, Régions, Pays) ;
- La preuve précise attendue ;
- Avec ou sans échantillon ;
- Qualitative ou quantitativeĀ ;
- Les responsabilités de niveau 1 ;
- Les responsabilitƩs de niveau 2.
Le contrÓle de premier niveau est assuré par les opérationnels de la 1ère ligne de défense et le contrÓle de deuxième niveau est réalisé par des équipes indépendantes de la fonction informatique. La périodicité des contrÓles est annuelle.
Lāun des dĆ©fis majeurs a rĆ©sidĆ© dans la dĆ©finition des Ć©lĆ©ments de preuve requis, compte tenu de lāĆ©tendue internationale de lāorganisation et de la rĆ©partition des responsabilitĆ©s entre le siĆØge, les rĆ©gions et les pays. En effet, certaines activitĆ©s, telles que la gestion et lāexploitation des centres de dāinformations, sont centralisĆ©es au siĆØge, tandis que dāautres sont gĆ©rĆ©es Ć lāĆ©chelle rĆ©gionale ou locale. Il a donc fallu dĆ©terminer avec prĆ©cision le pĆ©rimĆØtre du contrĆ“le, en choisissant le niveau dāintervention le plus pertinent : siĆØge, rĆ©gion ou pays.
Face Ć cette complexitĆ©, nous avons apportĆ© notre expertise en formulant des recommandations visant Ć optimiser la prĆ©vention et Ć garantir la sĆ©curitĆ© des informations sensibles de lāentreprise.


